adieu dentier Si nos dents repoussaient? 05/11/2014

               ET SI NOS DENTS REPOUSSAIENT?

 

 

       La perte des dents avec l'âge est quasi inéluctable pour la plupart d'entre nous.D'après certaines statistiques de l'OMS ,près de 30% des personnes ont perdu leurs dents après 65 ans ,c'est considérable et la seule solution a toujours été la mise en place de prothèses dentaires soit amovibles soit fixes à l'aide d'implants très onéreux.

Une solution utopique serait que nos dents repoussent après leur chute comme un ongle par exemple.Partant de ce constat ,un groupe de scientifiques de l'Institut de technologie de Géorgie, aux Etats-Unis, en collaboration avec le King's College de Londres, ont entrouvert la porte de cette fiction. Et tout ça grâce à un petit poisson qui vit dans le lac Malawi, au Mozambique, de la famille des Cichlidés.


Des poissons dont les dents repoussent.Magique?

Pourquoi avoir choisi ce poisson,tout simplement pour la bonne raison qu'il est connu dans le monde scientifique animal que ce poisson posséde des facultés étranges,en particulier celle d'avoir des centaines de dents qui font leur éruption au cours de la vie et qui remplacent les anciennes qui sont tombées.


   Dans une étude publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences ils précisent avoir trouvé une relation  entre les dents et... les papilles gustatives.

Les chercheurs ont effectué des travaux sur le géne responsable du renouvellement dentaire chez l'homme et d'après eux,ce géne serait à l'état latent chez l'homme,d'où leur idée,comment le réactiver.

 

Des poissons aux souris et bientôt l'homme?


En effet, les chercheurs se sont rendu compte que dents et papilles de ces poissons proviennent des mêmes cellules originelles, situées dans l'épithélium, le tissu qui constitue notamment les muqueuses.Et il ne faut pas oublier que l'épithèlium est  un tissu des muqueuses que l'homme posséde également. "Nous avons cherché à comprendre quel schéma définit l'évolution d'une cellule entre d'un côté la denture et de l'autre le développement sensoriel", explique Todd Streelman, professeur à l'école de Biologie de Géorgie.

Pour ce faire, les chercheurs ont étudié deux espèces de Cichlidés (les poissons, donc). L'une d'elles avait peu de dents car elle mangeait du plancton et n'en avait pas besoin. L'autre, à l'inverse, avait besoin de beaucoup de dents car elle mangeait des algues.

En croisant ces deux espèces parentes, ils ont vu alors que le nombre de dents et de papilles gustatives évoluait chez leurs petits-enfants. De cette étude, ils ont pu comprendre les composants génétiques impliqués dans ces variations. Les chercheurs ont ensuite influencé chimiquement des embryons de poissons pour essayer de modifier ces schémas de développement. Ils ont ainsi réussi à augmenter le nombre de papilles gustatives et à diminuer le nombre de dents.

"Grâce à une collaboration avec nos collègues du King's College de Londres, nous avons démontré que quelques gènes peu étudiés étaient également impliqués dans le développement des dents et des papilles gustatives de la souris", précise Streelman. L'étape suivante, pour Streelman et ses collègues, consiste à essayer d'adapter cette capacité d'évolution de ces cellules épithéliales à l'homme.

"En définitive, cela suggère que l'épithélium présent dans la bouche humaine pourrait être plus flexible, plus malléable que nous ne le pensions. Nous cherchons maintenant à savoir comment amadouer cet épithélium pour fabriquer une structure plutôt qu'une autre."

 
 

Mais même si les chercheurs trouvent la formule miracle, il faudra encore longtemps avant que l'on fasse repousser nos dents. En effet, celles-ci sont également composées d'un nerf et de vaisseaux sanguins. Les prothèses dentaires ont encore de beaux jours devant elles.

Depuis plusieurs années, des généticiens travaillent sur la capacité de certains poissons à faire repousser leur dentition lorsque celle-ci se détériore. Depuis que le gène responsable de ce renouvellement dentaire spontané et son mode de fonctionnement ont été identifiés, ces scientifiques cherchent à déclencher le même processus chez l'humain.

                

 

La mise en place d'un protocole de repousse de dent chez l'Homme devrait prendre encore quelques années, car hormis les mécanismes qui sous-tendent la transformation de l'épithélium en émail dentaire, les chercheurs devront également comprendre comment les vaisseaux sanguins et les nerfs se développent pour rendre la dent viable. Mais les scientifiques sont confiants: les progrès actuels en matière de recherche génétique devraient permettre d'avancer rapidement. Et peut-être pourrions-nous dire définitivement adieu aux prothèses dentaires dans les dix ans à venir!

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